Mise à jour — juin 2026
Cet article, initialement publié en juillet 2025, a été mis à jour afin de tenir compte de l’entrée en vigueur du cadre réglementaire modernisé du Québec le 1er mars 2026, ainsi que des récents épisodes de pluies intenses et d’inondations soudaines observés dans la région métropolitaine de Montréal.
Face à des épisodes de pluie intense et d’inondations soudaines de plus en plus difficiles à prévoir, les municipalités québécoises doivent composer avec une réalité complexe : protéger les citoyens, maintenir l’accès aux services essentiels, préserver les infrastructures publiques et limiter les impacts financiers des sinistres.
Les récents événements observés dans la région de Montréal rappellent que la résilience aux inondations ne peut plus être abordée uniquement après coup. Elle doit être intégrée en amont, dans la planification territoriale, les plans d’urgence, les investissements en infrastructures et les stratégies de protection temporaire ou permanente.
Dans cet article, nous présentons des pistes concrètes pour renforcer la résilience aux inondations au Québec, en tenant compte du cadre réglementaire modernisé, des réalités opérationnelles des municipalités et du rôle que peuvent jouer les solutions de protection amovibles dans une stratégie globale de mitigation.
Pourquoi parler de résilience maintenant?
Les événements météorologiques extrêmes exercent une pression croissante sur les infrastructures municipales, les réseaux de transport, les services essentiels et les propriétés privées.
En août 2024, la tempête Debby a provoqué des inondations majeures au Québec. En juin 2026, des pluies torrentielles ont de nouveau entraîné des inondations soudaines dans certains secteurs de la région métropolitaine de Montréal, notamment dans l’Ouest-de-l’Île et sur la Rive-Sud.
Ces événements rappellent une réalité importante : même lorsque les infrastructures existantes fonctionnent comme prévu, certains épisodes dépassent rapidement la capacité des réseaux de drainage, des routes, des ouvrages permanents et des équipes d’intervention.
La question n’est donc plus seulement de savoir comment réagir à une inondation, mais comment réduire la vulnérabilité avant que l’eau n’atteigne les secteurs critiques.
Cette réflexion est aussi financière. Selon Statistique Canada, les réclamations liées à des sinistres catastrophiques ont atteint 8,6 milliards de dollars au Canada en 2024, un record. Les inondations au Québec ont représenté 2,7 milliards de dollars de ces réclamations. Entre décembre 2019 et décembre 2025, les primes d’assurance habitation et d’assurance hypothécaire ont augmenté de 45 % au pays.
Pour les municipalités, les propriétaires d’actifs et les organisations responsables d’infrastructures critiques, la résilience aux inondations devient donc un enjeu de sécurité, de continuité opérationnelle et de gestion durable des coûts.
La question n’est plus si une inondation surviendra, mais quand. Et surtout : y sommes-nous prêts?
Un cadre réglementaire modernisé, de nouvelles responsabilités
Adopté en juin 2025 et en vigueur depuis le 1er mars 2026, le cadre réglementaire modernisé du Québec remplace le régime transitoire de gestion des zones inondables, des rives et du littoral. Il vise à mieux encadrer l’aménagement du territoire, à réduire les risques liés aux inondations, à protéger les personnes et les biens, et à préserver les fonctions écologiques des milieux hydriques.
Voici les éléments clés de ce cadre à retenir pour les municipalités :
Cartographie et zonage des inondations : les nouvelles cartographies intégreront une lecture plus actuelle du risque, notamment en tenant compte des connaissances scientifiques récentes, des effets des changements climatiques et de l’évolution des aléas hydriques. Les zones inondables sont désormais classées selon différents niveaux de risque, ce qui permet une approche plus nuancée que les anciennes zones de récurrence 0-20 ans et 20-100 ans.
Dans la région métropolitaine de Montréal, les nouvelles cartes concernent 70 municipalités. Elles seront publiées graduellement, après approbation par le gouvernement du Québec. Les anciennes cartographies conservent leur validité jusqu’à leur remplacement officiel.
Restrictions et permis en zones inondables : le cadre précise les interventions permises, encadrées ou interdites selon le niveau de risque et la nature des travaux. Les municipalités doivent donc porter une attention particulière aux demandes de permis, aux conditions techniques applicables et aux exigences environnementales liées aux milieux hydriques.
Ouvrages de protection contre les inondations : les ouvrages permanents, comme les digues et autres infrastructures fixes, sont soumis à un encadrement plus strict en matière de conception, d’entretien, d’évaluation et d’autorisation. Le cadre reconnaît également que même les secteurs protégés par un ouvrage peuvent conserver un risque résiduel.
Plans de gestion des risques liés aux inondations : les MRC peuvent élaborer un plan de gestion des risques afin d’adapter l’aménagement du territoire aux réalités locales. Lorsqu’un tel plan est mis en place, il doit notamment s’appuyer sur une stratégie d’aménagement, des mesures d’atténuation, des mesures de prévention et des actions de sensibilisation auprès de la population.
En somme, ce cadre modernisé encourage une approche plus structurée de la résilience aux inondations. Il pousse les municipalités, les MRC et les gestionnaires d’infrastructures à mieux connaître leur niveau d’exposition, à planifier plus tôt et à considérer une combinaison de mesures permanentes, temporaires, naturelles et opérationnelles pour réduire les risques.
Ce contexte réglementaire plus exigeant incite aussi à explorer des solutions flexibles et temporaires pour atténuer le risque, dont peuvent faire partie les barrières anti-inondations amovibles lorsqu’elles sont intégrées dans une stratégie globale de protection et de gestion des urgences.
Les exigences réglementaires peuvent varier selon le type d’intervention, le site, la cartographie applicable et les autorisations requises. Les municipalités devraient valider toute stratégie de protection avec leurs équipes techniques, juridiques et environnementales.
Le rôle des barrières anti-inondation amovibles dans une stratégie de protection temporaire
Dans une stratégie municipale de résilience aux inondations, les solutions permanentes ne peuvent pas toujours répondre à toutes les réalités du terrain. Certaines zones sont difficiles à modifier rapidement. D’autres nécessitent une protection ponctuelle lors d’épisodes de crue, de pluies intenses ou de débordements localisés. C’est dans ce contexte que les systèmes de protection amovibles peuvent jouer un rôle complémentaire.
Les barrières anti-inondation en aluminium de SBB sont conçues pour offrir une solution temporaire, réutilisable et rapidement déployable afin d’aider à protéger des secteurs vulnérables lorsque le risque augmente. Elles peuvent être envisagées pour sécuriser des accès critiques, protéger certains bâtiments municipaux, réduire l’exposition de zones sensibles ou renforcer une stratégie d’intervention lors d’événements météorologiques extrêmes.
Contrairement aux ouvrages permanents, les systèmes amovibles ne visent pas nécessairement à transformer durablement le territoire. Leur valeur réside plutôt dans leur flexibilité : ils peuvent être entreposés, transportés, installés selon les besoins et réutilisés lors de différents événements, selon la configuration du site et le plan d’intervention établi.
Cette approche peut être particulièrement pertinente pour les municipalités qui souhaitent ajouter une couche de protection sans dépendre uniquement de mesures réactives comme les sacs de sable. Ces derniers demeurent utiles dans certains contextes d’urgence, mais ils présentent des limites importantes en matière de main-d’œuvre, de rapidité de déploiement, de gestion des résidus et de réutilisation.
Les barrières amovibles doivent toutefois être intégrées avec rigueur. Leur utilisation devrait être évaluée en fonction du site, du niveau de risque, des accès à protéger, des conditions hydrauliques, des capacités opérationnelles de la municipalité et des exigences réglementaires applicables. Elles ne remplacent pas la planification territoriale, les infrastructures permanentes, les infrastructures naturelles ou les travaux de drainage. Elles peuvent plutôt faire partie d’une boîte à outils plus large visant à réduire la vulnérabilité des citoyens, des actifs publics et des infrastructures critiques.
Chez SBB, notre approche consiste à concevoir des solutions modulaires capables de s’adapter aux réalités du terrain. Dans un contexte où les municipalités doivent planifier plus tôt, agir plus rapidement et mieux protéger leurs infrastructures, les barrières anti-inondation amovibles peuvent devenir un levier concret de préparation, lorsqu’elles sont déployées dans le cadre d’une stratégie globale de gestion du risque.
Bénéfices opérationnels des barrières SBB
Sur le terrain, les barrières anti-inondations en aluminium offrent des avantages pratiques considérables par rapport aux méthodes traditionnelles (sacs de sable, digues de terre) :
- Déploiement rapide et logistique allégée : Les barrières anti-inondation en aluminium SBB sont légers et modulaires, pouvant être transportés facilement et installés en quelques heures Une petite équipe municipale peut monter une longue section de barrière sans machinerie lourde, ce qui est idéal lorsque le temps presse
- Efficacité et robustesse : Une fois en place, la barrière forme une digue étanche pouvant retenir jusqu’à 1 mètre d’eau en hauteur. Elle a été éprouvée pour résister non seulement à la pression hydrostatique, mais aussi au courant, aux vagues et à l’impact de débris charriés par la crue. Cela offre un niveau de protection élevé pour les infrastructures critiques et les bâtiments riverains. En termes de performances, une ligne de barrières SBB remplace avantageusement des milliers de sacs de sable en créant une barrière continue sans points faibles. Elle peut protéger des postes électriques, usines d’eau potable, centres municipaux, rues inondables, etc., assurant la continuité des opérations essentielles.
- Réutilisabilité et durabilité : Les produits SBB sont conçus en aluminium marin haute qualité, ce qui les rend anticorrosion et très durables. Contrairement à un ouvrage fixe en matériaux conventionnels qui peut se dégrader ou nécessiter des réparations après chaque crue, les barrières amovibles peuvent être démontées, entreposées, puis ressorties intactes lors d’un prochain événement. SBB estime la durée de vie de ses barrières à au moins 20 ans, avec de multiples utilisations possibles. Cette réutilisabilité est non seulement économique (on amortit le coût sur plusieurs décennies), mais aussi écologique : elle évite la génération de déchets (comme les sacs de sable souillés à disposer) et n’implique aucune contamination du site. En somme, c’est une solution durable et “verte” dans la gestion du risque inondation.
- Conformité aux opérations d’urgence : Les coordonnateurs en mesures d’urgence apprécieront la facilité logistique des barrières SBB. Celles-ci peuvent être pré-positionnées à proximité des zones à risque (entreposées dans un entrepôt municipal ou un conteneur aménage SBB) puis rapidement transportées sur site dès qu’une alerte d’inondation est émise. Leur installation ne nécessite pas d’outillage complexe ni de préparation de terrain exhaustive. De plus, les barrières peuvent être déployées même sur des terrains accidentés ou irréguliers, s’adaptant aux rues, trottoirs, cours et rives naturelles grâce à un système modulaire flexible. Après la décrue, le démontage laisse le milieu dans l’état initial, conformément aux exigences de retrait des ouvrages temporaires. Cette flexibilité logistique et réglementaire est un atout majeur pour une municipalité qui veut protéger certains quartiers au besoin sans s’engager dans des travaux permanents longs et coûteux.
Comparaison coût-efficacité
Un des critères décisifs pour choisir entre des barrières anti-inondation temporaires, des ouvrages fixes et des méthodes d’urgence comme les sacs de sable est la coût-efficacité sur le cycle de vie.
Les ouvrages permanents, comme les murs ou les digues, peuvent être nécessaires dans certains contextes à haut risque. Ils exigent toutefois des études techniques, des travaux de génie civil, des autorisations, de l’entretien et des investissements importants. Ils peuvent aussi nécessiter des délais de planification et de réalisation considérables.
Les sacs de sable, de leur côté, demeurent une solution connue et accessible dans certains contextes d’urgence. Ils peuvent toutefois mobiliser beaucoup de main-d’œuvre, être difficiles à déployer rapidement à grande échelle et générer des enjeux importants après l’événement, notamment en matière de collecte, de transport, de contamination potentielle et d’élimination.
Les barrières amovibles se situent entre ces deux approches. Elles ne remplacent pas les infrastructures permanentes lorsque celles-ci sont nécessaires, mais elles peuvent offrir une option plus flexible pour des sites où une protection temporaire, ciblée et réutilisable est préférable.
Pour une municipalité, cette flexibilité peut permettre de commencer par les secteurs les plus vulnérables, d’ajuster la couverture au fil du temps et d’intégrer la protection temporaire dans une stratégie plus large de gestion des risques.
Coûts d’exploitation
L’analyse des coûts ne devrait pas se limiter au prix d’achat. Elle devrait aussi tenir compte des coûts de main-d’œuvre, d’entreposage, de mobilisation, d’entretien, de formation, de transport, de collecte, de remise en état et de réutilisation.
Les ouvrages permanents peuvent générer des coûts récurrents d’inspection, d’entretien, de mise à niveau et de conformité. Les méthodes à usage unique ou à forte intensité de main-d’œuvre peuvent, quant à elles, entraîner des coûts importants à chaque événement.
À l’inverse, une solution amovible peut être intégrée à une logique de préparation à long terme. En l’absence d’événement, elle peut être entreposée. Lorsqu’un risque se présente, elle peut être redéployée. Après l’événement, elle peut être démontée, inspectée et préparée pour une prochaine utilisation.
Cette logique de cycle de vie est particulièrement importante dans un contexte où les municipalités doivent faire plus avec des budgets contraints, tout en répondant à des attentes croissantes en matière de sécurité, de continuité des services et de responsabilité environnementale.
Leçons applicables au Québec
À l’échelle internationale, la ville de Venise (Italie) a développé le système MOSE de digues mobiles contre les marées hautes. Plus près de nous, la ville de Winnipeg (Manitoba) déploie depuis des décennies une digue temporaire en remblai pour canaliser la rivière Rouge en crue – un travail titanesque qu’un système modulaire aluminium pourrait simplifier. Aux Pays-Bas, experts mondiaux de l’ingénierie des eaux, des barrières métalliques temporaires protègent certains zones basses tandis que les digues permanentes sont renforcées. Ces cas montrent que même des régions très organisées en protection inondation recourent à des ouvrages temporaires pour combler une brèche ou ajouter une marge de sécurité lors d’événements extrêmes. Le Québec s’inscrit dans cette tendance mondiale en cherchant à combiner ouvrages permanents (digues là où c’est justifié) et ouvrages amovibles pour plus de flexibilité. Chaque inondation majeure survenue récemment a renforcé la conviction qu’il fallait enrichir la “boîte à outils” des mesures disponibles – et les barrières SBB en font désormais partie intégrante.
En conclusion
La résilience aux inondations au Québec n’est plus une option : elle devient une responsabilité partagée entre les municipalités, les citoyens, les propriétaires d’actifs, les gestionnaires d’infrastructures et les partenaires techniques.
Les solutions permanentes, les infrastructures vertes, les plans d’urgence, la cartographie du risque et les systèmes de protection amovibles ne doivent pas être vus comme des approches opposées. Ensemble, ils forment une boîte à outils plus flexible pour réduire la vulnérabilité des communautés.
Chez SBB, nous croyons que la meilleure réponse aux événements extrêmes commence avant l’urgence : par la planification, l’ingénierie, la préparation et des solutions capables de s’adapter à la réalité du terrain.
Ensemble…. soyons prêts.
Sources
Gouvernement du Québec (2025). Règlement sur les ouvrages de protection contre les inondations (ROPI) – Gazette officielle du Québec, 25 juin 2025, 157e année, no 26.
➜ https://www.publicationsduquebec.gouv.qc.caGouvernement du Québec (2025). Règlement sur l’encadrement d’activités sous la responsabilité des municipalités réalisées dans des milieux hydriques et sur des ouvrages de protection contre les inondations.
➜ https://www.publicationsduquebec.gouv.qc.caSBB Structures (2024). FPS GENERAL 2024 – Comparatif technique et économique entre sacs de sable et barrières amovibles.
➜ Document interne fourni par SBB Structures.Ouranos (2021). Coûts et efficacité des mesures d’adaptation aux inondations – Rapport sur les solutions temporaires et durables face aux crues.
➜ https://www.ouranos.caFasken (2023). Réforme du cadre légal québécois en matière d’ouvrages de protection contre les inondations.
➜ https://www.fasken.comRadio-Canada (2019). Sainte-Marthe-sur-le-Lac : rupture de digue et crise municipale.
➜ https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1169360/rupture-digue-evacuation-temoignageLe Devoir (2024). Tempête Debby : plus de 50 municipalités touchées par les inondations.
➜ https://www.ledevoir.com/societe/environnement/814724/tempete-debby-inondations-quebec